|
1989, un album sort chez MCA dans l’anonymat quasi général, récoltant des critiques mitigées et un succès public tout relatif, When dream and day unite, du groupe new-yorkais Dream Theater. C’est à cette occasion que l’on entend pour la première fois de façon claire le vocable de « metal progressif », appelé à connaître par la suite une vogue et une audience de plus en plus large, même si, de façon strictement conceptuelle, comme ne le manquent pas de le rappeler notamment les membres du groupe Eldritch, le genre qui s’y rattachera pouvait déjà trouver en Fates Warning et en Annihilator des précurseurs inspirants.
Par « metal progressif », on entendra très rapidement ceci, un sous-genre de la forme la plus dure du rock (metal donc) imprégné d’un certains nombres d’éléments empruntés au rock progressif lui-même, courant musical qui, on ne l’ignore plus, fit florès dans la première moitité des années 70 (emmené par une scène anglaise extrêmement vivace - Yes, Genesis, Gentle Giant, Camel, King Crimson, U.K. sont des noms célébrissimes -, ainsi que par d’autres formations moins importantes, les canadiens de Rush ou Saga, les américains de Kansas, les belges de Machiavel, etc.) avant de décliner fortement avec le raz-de-marée punk de 1977 et de survivre avec plus ou moins de bonheur durant les années 80 (les formations principales qui ont émergé durant cette période étant essentiellement Marillion, IQ, Pendragon, ainsi que leur nombreux succédannés), voire même de lentement revenir sur le devant de la scène grâce au succès de leurs équivalents metal (voir, par exemple, le succès du groupe américain Spock’s beard ou du projet Ayreon du ex-Vengeance Arjen Lucassen).
B : Caractéristiques, entre héritage et invention.
Les éléments hérités que l’on retrouvera dans le metal progressif moderne, ainsi que les traits distincitifs du nouveau style, vont être en quelque sorte codifiés par l’album-culte du genre, le légendaire Images & Words de Dream Theater paru en 1992 sur le label Atlantic, album qui va secouer le monde du metal (et hélas que lui) de façon profonde au moment où celui-ci commençait à sérieusement s’essoufler, pris entre les cérémonies démonstratives des guitar-heroes et les tentatives de capitalisation commerciale de bons nombres de groupes lentement vendus à leur propre succès (Van Halen, Queensrÿche, tout le N.W.O.B.H.M., etc.).
1°) Les conditions de la musique : la mélodie
L’élément dont Dream Theater et tous leurs suivants se souviendront avant tout, c’est la prodigieuse capacité mélodique que le rock progressif avait mis en oeuvre, capacité mélodique loin de toute forme de contestation sociale -ce que précisément les plus fervents adeptes du rock « contestataire » ne pourront jamais pardonner à ce genre- mais plutôt uniquement destinée à créer et entretenir une émotion proprement musicale, c’est-à-dire mettre les moyens techniques des musiciens au service de l’écoute possible de cette musique, écoute clairement définie comme de l’ordre du Beau quasi-classique (rien de très étonnant dès lors que parmi les compositions-clé du progressif, on retrouve par exemple les célèbres Tableaux d’une exposition de Moussorgsky repris par Emerson, Lake & Palmer, une citation de Rimsky-Korsakov dans les solis de guitare de John Petrucci, guitariste de Dream Theater, une compilation de reprises classiques chez Magna Carta, etc.).
Pour encadrer cette mélodie, le rock progressif choisira une certaine facilité spatiale en se donnant la latitude des grands espaces, ou, si l’on préfère, pour éviter d’écraser dans un corset comme celui de la chanson cette mélodie émotionnante à laquelle il tend, en laissant cette mélodie se développer et s’aérer en longue séquences. C’était particulièrement vrai dans les années 70 (qu’il suffise de rappeler ici l’album Close to the edge de Yes ou les longues plages -jusque trois-quarts d’heure- de Magma), ça l’est également dans le nouveau metal progressif (A change of seasons de Dream Theater fait 23’06 ’’, la plupart des compositions de Caïro dépassent les dix minutes).
Toutefois, dans ces espaces où les musiciens vont pouvoir concevoir leur musique, il s’avère nécessaire ne rompre l’ennui des mélodies à perte de vue, de sorte que les breaks, les solis vont se multiplier -et jusque là, rien d’original-, mais aussi des formes de contraction et de diffusion de l’espace plus complexes que les mesures musicales sur lesquelles se basent les autres musique populaires du XX° siècle (le 4/4 du rock, le 6/8 en shuffle du blues, etc.). Ce sont les fameuse mesures asymétriques (en anglais odd-time signatures) popularisées dans le progressif -mais pas inventées : elles sont le fruit d’une tradition millénaire- par Neil Peart dans Rush ou par Bill Bruford dans King Crimson ou UK, et reprises abondamment par les jeunes groupes de metal progressif. Cette technique complexe de définition du temps dans la musique permettra un travail beaucoup plus riche de l’espace sonore, et de rompre avec le prévisibilité du modèle-chanson en vigueur dans le rock.
De même, pour pouvoir tracer ces mélodies, maîtriser ces rythmes et les laisser se développer sans limites, les musiciens vont devoir s’affirmer comme de grands techniciens de la musique, à la fois en tant que compositeurs et en tant qu’interprètes, et maîtriser leur instrument comme jamais auparavant. Cette prise de conscience des capacités techniques comme moyen plutôt que comme fin (ce qui était en substance le point de vue des shredders du label Shrapnel, ainsi que de tous les admirateurs des célèbres Yngwie J. Malmsteen et Eddie Van Halen) est extrêmement récente -elle date pour ainsi dire de Dream Theater (ou, plus exactement, elle lui est contemporaine, dans la mesure où des guitaristes comme Joe Satriani ou Steve Vai produisaient en même temps une musique qui répondait également à cette préoccupation)-, le rock progressif des années septante se construisant sur des acquis solides -certains musiciens sont encore à juste titre admirés aujourd’hui : Bill Bruford et Tony Levin de King Crimson, Allan Holdsworth de U.K., etc.- mais incomparables à la virtuosité pure dont peuvent faire usage un Jordan Rudess (Liquid Tension Experiment
, Dream Theater, Dixie Dregs), un Victor Smolski (Mind Odyssey) ou un Bernhard Huber (Dreamscape), tellement récente au fond que certains actuellement ne semblent pas avoir compris le message correctement et tendent à retomber dans une démonstrativité stérile, qui pourrait être, à terme, le tombeau du genre. Qu’il suffise de citer en exemple le groupe italien Power of Omens dont la technicité affolante transforme leur musique en longues spirales sans queue ni tête, autant d’occasion d’étaler les plans (ce qui, à l’époque, avait tué le jazz-rock) et les solis.
Enfin, et c’est là également un élément neuf, Dream Theater insistera d’emblée sur la notion de « séduction mélodique », autrement dit les émotions que cette musique produira seront surtout de nature exaltante, profonde, ce qui se traduit par l’usage d’accords extrêmement expressifs (les musicologues disent souvent « mièvres » à ce propos) et de lignes mélodiques en progression linéaire vers le haut ou vers le bas -et non plus seulement latérale-, comme s’il s’agissait d’emmener l’auditeur à un état donné. Les atmosphères ambigües, mélancoliques, grises, sont totalement absente -sauf certains groupes, plus âpres dans leur traitement de la mélodie, je pense à Mindfeed, Threshold, Tiles aussi -, tout oscillant entre l’explosion de joie, l’exaltation romantique ou contemplative, ou le poignant.
3°) Le monde du verbe
Il faut également dire un mot du chant et des textes, qui, si ils ne se sont pas fondamentalement transformés, ont aussi connus une légère altération due au contact avec les musiques dures, aux nouvelles exigences techniques instrumentales et, plus largement, à la transformation du monde. Car, en effet la génération psychédélique, le flower power, sont maintenant bien loin et les différentes facettes de la société de fin de siècle qui est la nôtre ont donné naissance à des préoccupations autres que celles qui affleuraient dans les années septante, préoccupations surtout sentimentalo-poétiques qui permettent au lyrisme personnel (cela rappelle furieusement le romantisme n’est-ce-pas ? ) de s’exprimer de façon très libre, hors du format couplet-refrain, hors de toute structure versifiée ou même élaborée en laisse, sous la seule réserve d’utiliser ce texte comme un instrument supplémentaire d’accession à l’émotion, ce qui implique des passages chantés extrêmement expressifs, voires mnémoniques.
Comme vecteur musical de ce texte, le chanteur privilégié sera celui qui, à l’instar de ce que le metal des années 80 avait déjà réalisé, bénéficiera des moyens techniques équivalents à ceux de ses collègues instrumentistes -vaste tessiture vocale (le standard à imiter est ici Geoff Tate -Queensrÿche), grande habileté dans les aigüs, si pas le sur-aigü (James LaBrie qui adapte ainsi les choeurs de Jon Anderson -Yes- au metal),...-, ainsi qu’une capacité à théatraliser les textes pour augmenter encore leur potentiel expressif.
Nuançons toutefois, car il n’est pas dit que le lyrisme personnel domine unanimement le metal progressif alors qu’il ne le ferait pas ailleurs. Des préoccupations socio-politiques existent, de même que la simple narration d’aventures, le plus souvent empruntées à la science-fiction ou la fantasy (Symphony X).
A cet égard, il faut noter l’importance que revêt, dans le progressif, la notion de « concept-album », qui a connu un succès important dès le début des années 70, et qu’on voit réapparaître avec insistance ces dernières années. Le concept-album, en somme, c’est l’unité du disque autour d’une seule thématique dont les subdivisions (morceaux ou chansons) sont autant de volets ou d’étapes suivant que le concept-album se rapproche de la fresque ou de la narration. Toutefois, s’il y a une idée de structure derrière le concept-album, ses thématiques varient suivant qu’on se rapproche du modèle The Wall de Pink Floyd (contestation politique) ou, à l’inverse, des grands albums de Rush au milieu des années 70 (2112 ou Hemispheres, franchement science-fiction). C’est ainsi que les années 80 ont vu des pièces importantes apparaître, qui inspirent encore les musiciens aujourd’hui, comme Operation : Mindcrime de Queensrÿche, ou le célèbre Misplaced childhood de Marillion. C’est ainsi également qu’aujourd’hui on peut observer un Shadow Gallery (Tyranny), un Elegy (Manifestations of fear) dans la catégorie «concept à message », et, dans la catégorie « romans mis en musique », un Rhapsody (Legendary Tales et Symphony of enchanted lands) ou un Ayreon (Into the electric castle).
C : La scène progressive.
Tout cela, Dream Theater, incontestablement le premier, l’aura imaginé et mis en pratique. Conséquemment au succès et au respect dont Images & Words a bénéficié, toute une nouvelle génération de musiciens et de groupes est apparu et a mis en oeuvre, avec plus ou moins d’inspiration, plus ou moins de personnalité, cette nouvelle donne progressive, jusqu’à créer une véritable scène, une scène active dont le succès commence aujourd’hui a être important. Toutefois, bizarrement, la façon dont on a pu percevoir cette musique de part et d’autre de l’Atlantique présente des différences particulièrement frappante, à tel point qu’on peut parler d’une scène progressive européenne, et d’une scène progressive américaine, même si l’une comme l’autre se reconnaissent de Dream Theater au-dessus de tout.
La scène européenne (hors Royaume-Uni), qui bénéficie du marché le plus perceptif à cette nouvelle donne, emmenée par des groupes comme Vanden Plas (sans doute le représentant le plus abouti du genre), Ivanhoe, Royal Hunt ou Eldritch (malgré les limites techniques de son chanteur) et par des labels extrêmement actifs
D : Conclusion ?
Voilà grosso modo où le metal progressif en est actuellement, entre recherche d’une audience et reconnaissance acharnée par un noyau déjà important d’amateurs, entre construction d’une base de travail solide et tentatives d’ouvertures (Superior, Guardian Knot ou Rudess-Morgenstein Project), entre succès et mépris, à construire peut-être l’évolution pour le développement d’une branche du rock qui, hors tout débat social, économique ou idéologique, possède parmi les plus intéressantes caractéristiques musicales et esthétiques qui soient.
Annexe 1 : Discographie commentée
Le lecteur intéressé trouvera ici quelques outils pour creuser un peu l’histoire du progressif, tout en sachant qu’il ne s’agit pas ici d’exposer les incontournables du genre, les albums-cultes. Non, il s’agit plutôt de mettre le maximum d’informations à la portée du lecteur pour que, en en ayant profité, il puisse choisir et s’orienter lui-même.
a) Emerson, Lake & Palmer.
Les spécialistes considèrent l’album Tarkus comme le seul incontournable de ELP, mais il peut être utile de consulter la double compilation The Atlantic Years, qui reprend, outre des extraits de Tarkus, des pièces de Pictures at an exhibition, etc., mais aussi des morceaux extraits d’albums solo et de collaborations de membres du groupe. L’histoire exposée dans le livret est succinte, mais pas mal faite. Surtout, Emerson, Lake & Palmer n’a plus rien fait de potable depuis qu’il a quitté Atlantic, d’où que le reste de la carrière de groupe peut être négligé. On peut toutefois conseiller un ovni paru chez Victory : The return of the manticore, un coffret de 4 CD aussi important que cher.
b) Yes.
Pour Yes, on recommendera la double anthologie Yesstory qui reprend les essentiels de la période Atlantic du groupe -qui sont les essentiels du groupe tout court (notamment l’album Close to the edge), puisque quasi toute la carrière de Yes s’est faite sous l’aile protectrice de la géante Warner. Toutefois, ceux qui souhaiteraient percevoir la musique de Yes au travers un son up-to-date peuvent se procurer les deux doubles live Keys to Ascension 1 & 2 chez Eagle Records, qui consistent également en un best-of du groupe, plus des compositions contemporaines en bonus, qui sont d’excellente facture. Fait intéressant, les livrets de ces live contiennent les paroles. A l’inverse, celui de Yesstory ne contient qu’un court historique de la carrière du combo.
c) King Crimson.
Il n’existe pas d’anthologie valable de King Crimson (The abbreviated King Crimson étant vraiment trop pauvre (un simple de 45’) et The essential King Crimson - Frame by frame vraiment trop gros -4 CD dans un énorme coffret. Pour les intéressés, ils sont évidemment publiés chez DGM), mais par contre on peut trouver dans la discographie du groupe une pléthore de doubles live. Parmi ceux-ci, les éditions récentes de bandes parfois inédites chez DGM semblent incontournables, de même que les rééditions augmentées. The night watch (1973) et The great deceiver - Live 1973-1974 (quadruple) sont de bons exemples pour les premières années, Absent lovers - Live in Montreal ‘84 pour la période intermédiaire. L’auditeur plus aventureux pourra se procurer le passionnant bootleg officiel de 1995 B’BOOOM (un double, toujours chez DGM) qui mélange les classiques du groupe et les compositions sorties de VROOOM et THRAK, les opus les plus récents -et parmi les plus difficiles- du groupe de Robert Fripp.
d) Kansas.
Pour Kansas, un incontournable existe : The ultimate Kansas boxed set, un double dans un coffret de grand luxe qui reprend les incontournables du groupe dans sa période Sony 1972-1980 (il a été voir ailleurs ensuite, et cela ne lui a pas réussi. Notons tout de même l’album In the spirit of things de 1986), mais aussi des démos et des enregistrements live inédits, ainsi qu’un très dispensable nouveau titre en fin de second CD. Le livret est un chef-d’oeuvre du genre, même si on peut regretter l’absence des paroles.
e) Rush.
Rush est un groupe qui a beaucoup papillonné de label en label au fil des années mais il n’empêche : la compilation double Chronicles de 1990 reprend une très grosse partie de la carrière du combo canadien. Les derniers albums (Presto, Counterparts, etc.) étant très décevants, on pourra donc s’en contenter. Ceux qui souhaiteraient néanmoins en avoir un aperçu pourront se pencher sur le très récent triple live Different stages qui reprend des bandes d’un concert de 1978 (le troisième disque), comme pour donner un contrepoint aux enregistrement contemporains (qui reprennent à la fois des pièces des albums de 1990 à 1998, mais aussi les meilleures des périodes précédentes).
f) U.K.
Pour U.K., compte tenu de l’importance du rôle du guitariste Allan Holdsworth sur le premier album, et son départ pour les suivants, on se permettra -une fois n’est pas coutume- de ne recommander que ce premier album éponyme (1978), qui est un chef-d’oeuvre absolu du progressif.
g) Camel.
Si Camel n’a jamais bénéficié d’une attention publique considérable, il faut également constater qu’il en a été de même pour sa discographie. Autrement dit, ceux qui souhaiteraient découvrir le groupe ne peuvent le faire que par deux moyens : A compact compilation paru chez Rhino Records en 1985 -alors que le groupe était toujours en activité- et avec des moyens techniques minimaux, ou, pour la même période, le live Pressure points - Live in Concert. A défaut, piocher au hasard dans la discographie (on recommendera essentiellement The snow goose, parmi d’autres).
h) Genesis.
Abonné chez Virgin depuis une éternité, Genesis n’a pourtant pas encore vraiment fait l’objet d’un traitement de luxe au niveau de l’introduction. On recommendera cependant, pour les bourses assez pleines le coffret de 4 CD centré autour de l’album The lamb lies down on Broadway (enregistrements studios complets plus live). Sinon, pour toute la période Peter Gabriel dans laquelle cet album prend place, le double live ??? reste tout à fait acceptable -même si chanté par Phil Collins. Pour le reste, qu’on se rappelle -pour ceux qui l’ignoreraient encore-, que l’entrée du groupe dans les eighties a littéralement tué sa musique, et que donc des albums comme les deux Live - The way we walk, tirés de la tournée « Dance into the light », n’apprendront rien sur ce qui reste une des plus brillantes formations progressives de l’histoire.
i) Pink Floyd.
Si certains éprouvent encore le moindre doute au sujet de ce groupe, qu’ils consultent le double Pulse de 1995, ils seront balayés, et ce même si ce double au coffret superbe présente une face entièrement consacrée à l’album Wish you were here, qui n’est certainement pas le chef-d’oeuvre du groupe. Sinon, il y a aussi le gigantesque coffret Shine on, pour ceux qui ont des pépètes et qui ne désirent acheter qu’un seul produit par groupe.
j) Marillion.
Marillion a un petit peu voyagé quand aux labels, en même temps que les personnalités très contrastées des chanteurs successifs donnaient une coulour différente à la musique du groupe. On écartera donc la seconde période -période Hogarth (1989 à aujourd’hui), que les puristes excusent (on recommandera néanmoins le double live Made again de 1996, chez Castle Communication)-, pour se concentrer sur celle où le chanteur Fish officiait dans Marillion. Et pour dire qu’il n’y a rien à dire. On ne connaît pas d’introduction valable à la musique de ces anglais. Il faut dire qu’en contrepartie Marillion bénéficie d’un traitement de remasterisation (avec morceaux inédits, démos, etc.) digne de Deep Purple. Donc, il ne reste plus qu’à piocher dans la discographie du groupe, surtout Misplaced childhood.
k) Fates Warning.
Pour faire la transition avec le metal, Fates Warning est incontournable. Qu’on consulte alors le très propre et très complet Still life -un double live paru chez Massacre en 1998- qui résume bien la carrière du groupe depuis 1984 et s’incline avec bonheur sur ce qui restera sans doute comme son chef-d’oeuvre, c’est-à-dire A pleasant shade of grey (1997).
l) Dream Theater.
Dans le contexte actuel, il paraît évident que Dream Theater n’est pas prêt à mettre les bouts, et donc à exhumer les mouchoirs sous forme de compiles et autres. Ceux qui ne connaîtraient rien du groupe (mais qu’est-ce qu’ils foutent ici, alors ?) se rueront donc sur le double Once in a livetime (1998), chez Eastwest, qui est aussi superbe que superbe. Les autres le possèdent déjà.
Annexe 2 : le best-of des auteurs de ce site
Voilà, en totale subjectivité, les dix meilleurs albums de progressif de tous les temps (et toutes tendances confondues) :
1: Dream Theater, A change of seasons, Eastwest, 1995.
2: Magma, Khöntarkösz, Seventh, 1974 (pas de date sur le disque).
3: U.K., E.G. Records, 1978.
4: Kansas, Leftoverture, Epic, 1976.
5: Yes, Close to the edge, Atlantic, 1972.
6: King Crimson, Vrooom, DGM, 1994.
7: Emerson, Lake & Palmer, Tarkus, Atlantic, 1971.
8: Genesis, The lamb lies down on Broadway, 1974.
9: Pink floyd, Animals, EMI, 1977.
10: Spock’s Beard, The kindness of strangers, Giant Electric Pea, 1998.